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Les abeilles sauvages et domestiques sont indispensables pour la biodiversité car elles assurent la quasi-totalité de la pollinisation. Le Petit Marseillais qui aime la douceur de leur miel, veut lutter contre leur disparition massive et prendre soin des pollinisateurs en Provence.

Denis Caviglia.

Denis Caviglia, apiculteur, en charge des quatre ruches Le Petit Marseillais au domaine de l'Ermitage, Saint-Mandrier-sur-Mer

Photographe et cameraman, Denis Caviglia tombe amoureux des abeilles en tournant des films publicitaires pour des apiculteurs. Après une formation de trois ans dans un rucher-école, il se lance et se retrouve aujourd'hui à la tête de cinquante ruches au domaine de Fontblanche à Vitrolles. Il produit du miel au romarin, à la lavande, au châtaigner, au thym... Il bichonne aussi une quinzaine de ruches parrainées par des entreprises dont celles du Petit Marseillais au domaine de l'Ermitage où il sensibilise le public sur la disparition des abeilles et explique pourquoi elles sont si indispensables dans l'écosystème. 

Abeilles et biodiversité : les liaisons vertueuses

Les abeilles, petites par leur taille, sont grandes de par leur rôle dans la biodiversité. "Elles assurent la quasi-totalité de la pollinisation, celle de 80 % des espèces de plantes", nous apprend Denis Caviglia. "La pollinisation est essentielle à notre alimentation, c'est grâce à elle que les plantes et les arbres fruitiers se renouvellent", précise l'apiculteur.

C'est en toute innocence que l'abeille accomplit cette tâche vitale pour l'humanité lorsqu'elle butine de fleur en fleur. "En récupérant le nectar d'une fleur, elle se charge de pollen qu'elle balaie dans son déplacement vers une autre fleur grâce à un système de brosses situées dans ses petites pattes. Et cela jusqu'à son retour à la ruche où elle dépose le nectar indispensable à la reine pour nourrir ses larves." Quant aux grains de pollen disséminés au sol, ils procurent les gamètes qui permettent aux plantes de se reproduire.

"Les abeilles ne sont pas les seuls pollinisateurs, précise Denis Caviglia. Il y a aussi les oiseaux comme les colibris et quarante autres espèces sauvages. Et puis il y a l'éolien." Le vent est en effet le vecteur principal pour 10 % des plantes notamment des céréales (riz, maïs, orge, seigle…).

Une espèce en voie de disparition massive

Le nombre des petites ouvrières est en déclin depuis le milieu des années 1990. Chaque année, l'abeille domestique, élevée par les apiculteurs, subit une perte de 5 à 10 %. L'abeille sauvage, quant à elle, vit dans la nature en plus petite communauté. Selon une étude, 40 % des espèces d'abeilles sauvages seraient en voie de disparition. Pourquoi une telle hécatombe ?

Les menaces qui pèsent sur les petites ouvrières

De nombreux facteurs sont en cause.

- La maladie : "Dans les années 1980, est venu d'Asie le Varroa, un acarien parasite qui se fixe sur l'abeille et suce son sang", raconte Denis Caviglia. Les abeilles asiatiques savent très bien s'en défendre. Mais pas les abeilles domestiques européennes.

- Les prédateurs : Le frelon asiatique est l'ennemi n°1 des abeilles. "Il stationne devant la ruche pour prendre à l’abeille la protéine dont il se nourrit". Il crée un stress chez l'abeille qui reste collée à la ruche. Cette dernière finit par mourir de faim, on peut perdre des ruches à cause de ce prédateur.

- Les pesticides : Ils perturbent ce qui sert de GPS aux abeilles. Désorientées, elles ne retrouvent plus leur ruche.

- La disparition des fleurs : "Avec les constructions dans les campagnes et la végétation fauchée au bord des routes, il y a de moins en moins de plantes mellifères". Ce sont leurs principales ressources alimentaires.

Quand Le Petit Marseillais tente de sauver les abeilles

Très sensible au sort des abeilles, Le Petit Marseillais soutient le développement de l'apiculture en partenariat avec l'ITSAP (Institut technique et scientifique de l'abeille et de la pollinisation) pour faire avancer la recherche et soutenir les apiculteurs. Dans ce cadre, Le Petit Marseillais a pris part au projet BeeGis qui a abouti à la création d'une application permettant d'identifier les ressources mellifères disponibles pour les abeilles.

Sur le terrain, en Provence, notre partenariat avec le Conservatoire du littoral nous a permis d’installer des ruches pour favoriser la pollinisation. Et c'est là qu'intervient Denis Caviglia. "Je m'occupe des quatre ruches du domaine de l'Ermitage dont une pédagogique. Cette dernière a la particularité d'avoir une cheminée avec une planche d'envol de 2,5 m de hauteur. Ce qui permet aux gens de venir observer les abeilles en toute sécurité." La sensibilisation au sort des abeilles est un volet important pour susciter une prise de conscience qui fera bouger les choses.

Quel avenir pour les abeilles ?

Des tests sont actuellement menés pour éradiquer les différentes menaces comme par exemple en créant un système de filet autour de la ruche pour empêcher le frelon asiatique de passer, "certaines abeilles développent des nouvelles stratégies de défense, ça bouge un peu", déclare Denis Caviglia optimiste.

Le Petit Marseillais continuera en 2020 à agir en faveur de la protection des pollinisateurs avec l'installation de ruches pédagogiques sur deux sites du Conservatoire du littoral en Provence. De nouveaux nichoirs à insectes seront déployés sur plusieurs domaines préservés par Le Conservatoire du Littoral en Provence. Les insectes sauvages peuvent y trouver refuge pour se protéger des intempéries et se reproduire.

Et pourquoi ne pas contribuer, chacun à son échelle, à favoriser la pollinisation en fabriquant dans son jardin ou sur son balcon un petit nichoir ? Il suffit d'assembler quelques tiges végétales creuses (de bambou, sureau ou framboisier) dans lesquelles les insectes peuvent s'installer pour y pondre leurs œufs, puis de suspendre le fagot à un arbre ou à un poteau.